Courrier à Alexander DE CROO, Premier Ministre

Bruxelles, le 18 avril 2021.

A l’attention de Monsieur Alexander DE CROO, Premier Ministre Rue de la Loi 16 1000 Bruxelles

Monsieur le Premier Ministre,Concerne : demande d’inscrire notre requête « La reconnaissance des soins infirmiers comme métier pénible » en débat public au Parlement fédéral.

Par la présente et faisant suite à mon courrier en date du 17 février 2021, je me permets au nom d’Union4U, le Syndicat autonome belge des praticiens de l’art infirmier, de vous adresser une requête afin que la demande de la reconnaissance de la profession infirmière en tant que « métier pénible » soit inscrite et débattue au Parlement fédéral.

En Belgique, en 2016, le Comité National des Pensions (CNP) a défini des critères de pénibilité. Dans ce cadre, les infirmiers-e-s cumulent les quatre critères légalement requis pour que leur profession puisse être qualifiée de « pénible », à savoir :

1) La pénibilité des circonstances de travail en raison de contraintes physiques liées aux charges physiques et à l’environnement de travail ;

2) La pénibilité de l’organisation du travail ;

3) La pénibilité en raison des risques de sécurité élevés ;

4) La pénibilité de nature mentale ou émotionnelle.

En effet, des salaires qui ne tiennent pas compte des responsabilités et de l’expertise exigée ainsi que l’augmentation constante de la charge de travail impacte la qualité des soins et la sécurité des patients, génère une souffrance physique, psychologique et émotionnelle réelle ce qui entraîne un abandon en cours de carrière ou encore une diminution de l’attractivité des jeunes vers cette noble profession.

Au sortir, nous l’espérons, de cette troisième vague, cette crise sanitaire inédite du « COVID-19 » a sans conteste démontré que cette revendication des infirmiers et infirmières était parfaitement légitime et étayée par des constats et témoignages de terrain plus que probants.

Plusieurs études nationales et internationales récentes relatives à la situation vécue au quotidien par les infirmiers démontrent à suffisance une influence négative sur leur santé tant physique que mentale (stress, douleurs, troubles musculo-squelettiques, troubles digestifs et du sommeil, …), vie privée (démotivation, appauvrissement des contacts sociaux, divorces, …), bien-être et qualité du travail (sécurité du patient, esprit d’équipe, violence à l’encontre des soignants, plaisir au travail, abandon professionnel, surcharge émotionnelle et administrative, …). Alors que la pression professionnelle était déjà très forte depuis de nombreuses années, les infirmiers aujourd’hui sur le terrain s’essoufflent, s’épuisent, se sentent trahis, méprisés, en sous effectifs face à une charge de travail et à des risques psycho-sociaux et émotionnels évidents en constante augmentation, désespèrent et … désertent la profession !

Nous avions aussi lancé le 17 février dernier une large pétition publique en deux langues dans notre pays sur l’urgence de reconnaître la profession infirmière en « métier pénible » ; celle-ci, toujours en cours, a recueilli à ce jour déjà 13.000 signatures et plus de 53.000 partages sur Facebook :

https://www.petitionenligne.be/pour_reconnaitre_la_profession_infirmiere_en__metier_penible https://www.petities.com/het_beroep_van_verpleegkundige_erkennen_als_een_zwaar_beroep

Que pouvons-nous produire comme preuves supplémentaires afin d’être enfin « écoutés, entendus et reconnus » ? Un professionnel de soins bien traité est un patient bien soigné !

Après les applaudissements au balcon du printemps 2020 aujourd’hui évanouis et les promesses politiques médiatisées et non tenues, il est plus que temps que nos Autorités compétentes légalisent la reconnaissance de la pénibilité de notre profession d’infirmier. C’est absolument indispensable pour entériner la reconnaissance des praticiens de l’Art infirmier à leur juste valeur, revaloriser leur profession et la rendre à l’avenir plus attractive afin d’enrayer la désaffection croissante des jeunes dans ces filières de formation. A cet effet, nous préparons un Manifeste d’union4U relatif à l’attractivité des praticiens de l’art infirmier que nous vous soumettrons prochainement.

Vous trouverez, pour rappel, à la suite de cette lettre l’argumentaire détaillé du 17 février 2021, en deux langues, relatif à notre requête.

Dans l’attente, d’une part, d’une réponse favorable à notre demande d’inscrire notre requête « La reconnaissance de la pénibilité des soins infirmiers » en débat public au Parlement fédéral et, d’autre part, le souhait d’une rencontre prochaine avec vous et vos Ministres compétents, veuillez recevoir, Monsieur le Premier Ministre, Cher Monsieur De Croo, l'assurance de ma parfaite collaboration ainsi que mes plus respectueuses salutations.

Au nom d’Union4U,

Thierry Lothaire,
Président